Pour une agriculture durable et un revenu digne pour nos agriculteurs
Contre la concurrence déloyale et pour le juste échange
Le salon de l’agriculture s’ouvre, cette année encore, dans un contexte de crise du secteur agricole qui s’enlise et s’aggrave. Pour la première fois, ce salon n’accueillera aucun bovin en raison de la dermatose nodulaire. Cette épizootie, abordée d’abord avec brutalité par le Gouvernement, est venue frapper durement des territoires déjà fragilisés. Et, alors même que les éleveur·euses faisaient face à cette situation dramatique, la Commission européenne s’attachait à signer l’accord de libre-échange avec le Mercosur, pourtant largement décrié partout en Europe. Sur ce dernier point, la mobilisation de nos parlementaires européen·nes, aux côtés des agriculteur·ices a permis un répit : l’accord est suspendu pour au moins 1 an.
Mais ce soulagement nécessaire ne comble pas les inquiétudes du monde agricole, mobilisé depuis maintenant plusieurs années avec courage et détermination pour alerter les pouvoirs publics sur ses conditions de travail toujours plus dégradées, une absence de prix rémunérateurs et une concurrence déloyale exacerbée. Les Socialistes plaident pour une écoute et un dialogue exigeant entre les représentant·es politiques et les syndicats agricoles. Nos agriculteur·rices doivent vivre de leur travail dignement, avec un accompagnement territorialisé à la hauteur des enjeux. Accompagner le renouvellement des générations, garantir un accès à la terre, assurer la transmission d’exploitations agricoles résilientes et adaptées au changement climatique sont autant de défis à relever dans les prochaines années pour renforcer notre modèle agricole, élément indispensable de notre souveraineté.
Les difficultés majeures des agriculteur·rices sont le fruit de la dérive néolibérale des 30 dernières années aux conséquences économiques et commerciales désastreuses.
À l’heure où les géants de l’industrie et de la distribution agroalimentaire mènent une guerre des prix toujours plus forte et où des accords de libre-échange permettent d’importer des produits ayant recours à des pesticides pourtant interdits sur notre sol, les réponses de la France et de l’Union Européenne doivent être fortes et claires : protection de notre marché, de nos agriculteur·ices et des consommateur·ices !
La mobilisation contre la loi Duplomb, qui a rassemblé l’an dernier plus de 2 millions de signatures – un record-, est le signe d’attentes très fortes de la population pour l’avènement d’un modèle agricole plus vertueux. Celui-là ne peut pas se faire contre les agriculteur·ices, au contraire : il doit se faire avec eux et leur offrir de nouvelles perspectives. Nous nous y attelons.
La déréglementation ne répond ni à la colère exprimée par les agriculteur·rices ces derniers mois dans nos territoires face à la faiblesse de leurs revenus et à la concurrence déloyale, ni à leur inquiétude face aux deux défis majeurs auxquels notre agriculture est confrontée.
Les crises et désordres internationaux nous rappellent la nécessité de reconquérir notre souveraineté alimentaire. Nous devons le faire en préservant et valorisant la qualité de l’agriculture française pour aller vers le mieux-disant et non l’abaissement de normes protectrices de nos écosystèmes et de la santé humaine.
Pour leur part, les Socialistes militent depuis des années en faveur d’une véritable transition de notre modèle agricole vers davantage de stabilité des revenus, de durabilité, de régulation des marchés et de reconnaissance du travail rendu, conditions indispensables pour offrir des perspectives à nos agriculteur·rices et réveiller les vocations à l’heure où la moitié des agriculteur·rices partira à la retraite dans les dix ans.